
Questions-réponses autour du projet
de Relais Livre en Campagne
S'agit-il d'un projet intercommunal ?
- Depuis sa création, la médiathèque Noël Richard a attiré les habitants de
nombreuses communes environnantes du fait de l'absence de médiathèques de proximité dans notre
micro-région (17 communes en 1993, 19 en 1994, 17 en 1995, 23 en 1996, 17 en 1997, 20 en 1998). Parmi ces
communes figurent évidemment en bonne place celles de la Communauté de Communes du Causse Nord-Ouest
du Tarn (130 habitants sur 161 lecteurs inscrits). Il s'agit donc bien de facto d'un équipement et d'un
service intercommunal.
- Il ne parait pas raisonnable ni souhaitable de saupoudrer des mini-pôles socio-culturels dans chaque
paroisse, d'une part parce que cela serait ingérable et coûteux, et d'autre part parce que cela enlèverait
l'un des principaux intérêts du projet, qui est de favoriser des rencontres et des synergies entre
les acteurs du territoire. C'est d'ailleurs pour cette raison que la formule du "Relais Livre en Campagne"
ne s'adresse qu'à des intercommunalités et c'est même le premier critère d'éligibilité
des projets.
- La démarche intercommunale est inéluctable et est amenée à s'accélerer dans
les prochaines années. Les disparités qui existent au sein de la CEE entre les 36000 petites communes
que compte la France et les 300 grandes communes de la Suède sont devenues ingérables, conduisant
les décideurs européens et nationaux à des directives d'harmonisation qui vont inciter de
plus en plus fermement les communes à se grouper, quitte à asphixier juridiquement et financièrement
les trop petites collectivités.
Pourquoi à Vaour plutôt qu'ailleurs ?
- Dès lors qu'il y a intercommunalité, les communes doivent inévitablement se résoudre
à ce que le pôle socio-culturel de l'intercommunalité soit dans une commune, le pôle
économique dans une autre, le pôle touristique dans une troisième, etc... Sinon, l'intercommunalité
n'a aucun sens et on en reste au stade de la paroisse qui finit de dépérir toute seule dans son coin.
- C'est à Vaour que la médiathèque est née, c'est là que les habitants des
communes environnantes ont pris l'habitude de la trouver, et c'est là que les bénévoles qui
la font vivre ont établi leur quartier général. Il en est de même pour l'Eté
de Vaour, le Centre de Services, Tohu-Bohu, etc...
- L'accueil petite enfance s'articule autour du pôle de la maternelle crée avec le RPI à
Vaour.
- Pourquoi ailleurs plutôt qu'à Vaour ?
Pourquoi un nouveau bâtiment, puisque la médiathèque-ludothèque
a pu fonctionner jusqu'à présent dans les locaux existants ?
- Pour des raisons de sécurité d'abord: l'étage de la Mairie de Vaour ne répond
en rien aux critères de sécurité des établissements recevant du public, notamment en
cas d'incendie. Il en est de même pour le bâtiment des Glycines et les activités qu'il abrite.
Cela engage la responsabilité des élus qui laissent la situation perdurer.
- Pour des raisons d'exiguïté ensuite: la fréquentation de la médiathèque-ludothèque
est élevée à certaines heures (sortie d'école), si bien que tout le monde se bouscule
dans l'entrelac de couloirs et de petites pièces qui la composent. Par ailleurs, il n'existe aucun local
de stockage adéquat pour gérer correctement le fonds documentaire et pour réaliser des activités
d'animation.
- ... Et aussi pour des raisons d'ambition: le succès de la médiathèque actuelle,
malgré ses conditions d'hébergement précaires, laisse augurer de l'impact socio-culturel qu'elle
pourrait pourrait avoir au sein de la Communauté de Communes si les moyens de son développement lui
étaient accordés.
N'est-ce pas un projet trop gros pour une si petite Communauté de Communes ?
- C'est certes gros pour une médiathèque, mais il ne s'agit pas que d'une médiathèque,
loin de là. Le concept de Relais Livre en Campagne, tel que décrit dans l'appel à projet de
la Direction du Livre et de la Lecture vise à regrouper un certain nombre de services sociaux et culturels
dans un même lieu pour augmenter l'attractivité de l'ensemble. De fait, le projet de Relais Livre
en Campagne inclus des locaux périscolaires, l'accueil social de l'Unité Territoriale, des locaux
d'associations, une caféteria-expos servant d'espace de rencontres, etc... Rien de luxueux au final si on
y regarde bien, mais une juxtaposition de services assez modestes qui finissent par faire un équipement
important et cependant nullement surdimensionné dans chacune de ses fonctions.
Est-ce que cet équipement va être pleinement utilisé ?
- Quelle meilleure garantie que celle de savoir que cette médiathèque-ludothèque faite de
bouts de ficelle et de bénévolat fonctionne et prospère depuis 1993 ?
- Quel autre équipement collectif sur ce territoire peut-il se vanter de concerner autant de personnes
de tous horizons, et ce tout au long de l'année ?
Ce projet ne va t'il pas mobiliser une part trop importante des financements locaux ?
- L'investissement est relativement important à l'échelle locale, toutefois il fait appel à
des fonds nationaux et européens pour l'essentiel (72 %) et ne sollicite les financements régionaux
et départementaux que pour une faible part (7 %).
- La part qui doit être financée par la Communauté de Communes, soit 21%, devra être
empruntée. Toutefois la CAF, qui est intéressée à ce que les jeunes du territoire bénéficient
d'un tel équipement, apporte un soutien notable en offrant des conditions d'emprunt très avantageuses
et en participant en outre au paiement des annuités. De ce fait, la charge financière réelle
qui en résulte est assez modeste et ne représente qu'une faible part des coûts de fonctionnement.
- Voir budget d'investissement.
Les investissements socio-culturels doivent-ils être l'une des priorités
du territoire ?
- Certes les livres, CDs, etc... ne nourissent pas leur homme même si certains les dévorent ! Mais
alors, pourquoi garde t'on des écoles, qui sont tout aussi inutiles si l'on suit ce raisonnement ?
- L'économie, l'emploi, l'agriculture et le tourisme sont certes des domaines importants, mais comment
pourraient-ils survivre et prospérer si les habitants s'en vont ailleurs parce qu'ils ne trouvent pas sur
place la vie sociale et les services dont ils ont besoin pour que leur famille puisse mener l'existence normale
de la plupart des familles d'aujourd'hui ?
- Le fait que la commission "Vie sociale" du Contrat Espace 2000 soit celle qui attire le plus grand
nombre de participants est symptômatique de la demande.
- Le projet apporte aussi une contribution très directe et non-négligeable à l'économie
locale en faisant travailler quelques personnes: un mi-temps de bibliothécaire, un mi-temps + un tiers de
temps pour l'animation (caféteria-expos), un plein temps + un mi-temps pour l'espace petite enfance, quelques
heures de ménage et d'entretien, des prestations qui renforcent le Centre de Services.
Est-ce que cela ne va pas occasionner des charges de fonctionnement trop lourdes pour
la Communauté de Communes ?
- Une partie du coût de fonctionnement du bâtiment (30%) est répercutée aux occupants
au prorata des surfaces qu'ils occupent (relais PMI, accueil social UT, associations). Ces occupants disposent
de leurs propres sources de financement. La participation qui leur est demandée est de 28 F/m2.mois charges
comprises, ce qui est correct en regard des ratios usuels pour ce type de locaux (35 F/m2 env).
- Le reste est subdivisé par activité, chacune ayant son budget: médiathèque-ludothèque,
espace multimedia, caféteria-expos, espace petite enfance, salle de réunions et bureau de la CC.
En l'état des possibilités de financement qui ont pu être explorées, la Communauté
de Communes aurait à débourser pour l'ensemble 33 000 F par an en moyenne durant les 5 premières
années, et de moins en moins au delà. NB: le "déboursé", qui est mentionné
ci-dessus réel diffère du résultat comptable en ce qu'il inclut les annuités d'emprunts
en lieu et place des frais financiers + amortissements.
- En l'absence d'engagement de la Communauté de Communes derrière le projet, toutes les possibilités
de financement n'ont pas pu être explorées jusqu'à présent. Il est probable que des
aides complémentaires puissent être trouvées avec l'appui des élus locaux.
- Voir budget de fonctionnement.
Qu'est ce qui nous dit que les budgets prévisionnels vont être tenus ?
- La subdivision en activités dotées chacune de leur budget constitue autant de sas qui permettent
de circonscrire les dérapages éventuels et de minimiser leurs conséquences.
- Il a été prévu que le Centre de Services des Glycines assure un contrôle budgétaire
permanent de l'ensemble des activités, de manière à prévenir et rechercher des solutions
dès que des symptômes de dérapage apparaissent.
- Familles Rurales a fait ses preuves depuis quelques années en matière de tenue des budgets de
la médiathèque ainsi que d'autres activités locales.
Retour à l'index - DL - 28/04/99